dimanche 24 juin 2018

Faut que je vous raconte…



On est ce dimanche de la Fête nationale des Québécois. Bon, pour faire bonne impression, je devrais ajouter des Québécoises, ou utiliser cette forme nouvelle, dite inclusive (criss que cette impression bien pensante m’énerve, m’enfin) Québécois.e.s et spécifier, de toutes origines. Mais que dire alors des Amérindiens et des Inuit qui ne veulent pas nécessairement être qualifiés de Québécois et qui sont quand même ceux qui fréquentent ce territoire depuis 10 000 ans…

Bon, je m’égare totalement, ce n’est pas du tout l’objet de ce billet qui se veut le témoignage d’une rencontre inusité et amusante. Bref, en ce 24 juin, je vais dîner au resto où mon fils Nico, travaille, le Mille et une pizzas. L’ambiance y est bonne, la musique aussi, et il y a un monde fou. Seul serveur, le fiston a la broue dans le toupet qu’il a heureusement fort court. Du jazz avec un bon saxo, baigne l'ambiance d'une belle humeur chaloupée, malgré la grisaille extérieure. Je lui fais compliment et lui de me rétorquer : « ça fait trois fois que l’album joue, je vais changer ».  Quelques clients plus tard, il met son projet à exécution. Le Johnny Cash des grandes occasions fait maintenant entendre sa voix profonde dans tout le resto. Je l’adore, Johnny, cet album de fin de vie plus particulièrement, grave et beau.. Mais un 24 juin, à l’occasion de notre fête, était-ce judicieux? En quittant, je lui en ai fait la remarque, tout en sachant qu’il avait beaucoup de boulot et peu de temps pour choisir la musique. N’empêche, la musique, c’est aussi l’âme d’un lieu. J'aurais rêvé d'entendre cette chanson éternelle de Félix, Le tour de l'île. Mais bon, c'est sans doute parce que j'ai l'âge que j'ai, pis l'histoire qui vient avec...

Histoires de jazz et de libraires…



Alors voici mon histoire… Repu à la fin du repas, je suis monté sur la rue Saint-Jean, question de faire un peu d’exercice et l’aller chez Pantoute, la librairie. Ça faisait une éternité que je n'y avait mis les pieds. Au moins deux semaines, c’est dire! J’y allais pour les bds. Mais bon, j’ai fait le tour, suis monté à l’étage pour consulter les livres sur la musique et j’ai trouvé ce titre inspirant, de la sociologue des genres, Marie Buscatto Femmes du jazz, musicalités, féminités et marginalisations. Wow, quelle trouvaille pour un animateur de radio qui fait dans le jazz! Si rare qu’on cause de la place des femmes dans le jazz, outre les grandes voix, peut-être archi connues mais pas nécessairement traitées équitablement. Et dans son livre, qui m'a l'air vraiment savant, j'y retrouve des noms de jeunesses qui cartonnent en Europe comme Joëlle Léandre, Sophie Alour, Mina Agossi... et la façon dont on les "traite" tant dans les médias que dans la promo. Bon, je m’égare encore. 

Je vais payer mon livre à une jeune femme au sourire lumineux et qui semble fort intéressée par le livre. Je lui dis aussi que je suis très concept, parce qu'il y a déjà un disque de vinyle de jazz dans mon sac où je fourre le livre… sans lui laisser le temps de voir la chose pour laquelle elle s’est un peu étirée le cou, pris que j’étais à aussi jaser avec sa voisine Émilie, toute aussi libraire et que je connais depuis qu’elle m'a fait mes emballages cadeau (mais c'est surtout une vrai libraire bédéisante accomplie). Et je sors…

Une fois dehors, que vois-je dans la vitrine que je n’avais pas vue en entrant? Ce livre de Gilles Archambault dont j’avais l’annonce quelques semaines auparavant et qui s’intitule En toute reconnaissance, Carnet de citations plutôt littérairesbellement édité chez Boréal. Je rentre à la librairie et me mets en quête de la chose. 

Voyez-vous, autre digression,  Gilles Archambault est un écrivain fétiche pour moi. Son humilité, son écriture minimaliste où chaque mot est soigneusement choisi pour exprimer une émotion, une idée si juste chaque fois, que chaque phrase me semble parfaite. Ajoutons un sens de la dérision toujours à point et rappelons-nous qu’il est un des plus remarquables jazzophiles vivants, longtemps animateur de Jazz soliloque à la SRC et vous comprenez mon enthousiasme devant cette nouvelle parution.
Donc, je cherche le livre, un peu en vain, avant que Monsieur Dumont, le libraire mythique, ne vienne à mon secours. Il me trouve et me tend le livre pendant que je lui raconte ma rencontre d’il y a deux ans avec le sieur Archambault dans le cadre de Québec en toutes lettres où il y a eu une soirée jazz en compagnie de l’autre Monsieur Jazz, Stanley Péan, l'animateur de la quotidienne Quand le jazz est là! Monsieur Dumont m’amène au comptoir où trône la même jeune fille au sourire lumineux. « Est-ce que tu connais Laura? » me demande-t-il, avec son sourire le plus espiègle. Non, mais je sens que je vais la connaitre, je réponds. Et j’ajoute, stupidement, Laura Secord? 

« Non, me reprend, Monsieur Dumont, Laura Péan. » Oui, la fille de Stanley Péan elle-même en personne!!! Voilà pourquoi elle s’intéressait à mon délire jazziste, à mon délire tout court quand je cause littérature et jazz et que je deviens plus fou que d'habitude. Vraiment, Pantoute, tu fais toujours les choses en grand!!!! Laura Péan...

Et en passant, Laura, l’album que j’avais dans mon sac est une réédition de l’excellent Juju de Wayne Shorter…



Le Bourg Saint-Louis




À Neuville, j’habite rue Courval, au cœur du quartier historique qu’on appelle Bourg Saint-Louis et dont les plus anciennes maisons remontent aussi loin que ls fin du 17e siècle. L’an dernier, pour célébrer les 350 ans du village, la municipalité a délimité le quadrilatère historique au moyen d’une signalisation représentative et mis en ligne, sur les internets, une Balado Découverte intitulée Histoires de Neuville, La vie au Bourg Saint-Louis qui raconte l’histoire des principaux lieux.

Ce matin, un monsieur (dont, à mon grand dam, je n'ai pas retenu le nom) est venu me remettre une lettre du maire et un porte-clés à l’effigie du Bourg, afin que, comme habitant de ce lieu, j’en fasse la promotion, que j’en sois fer, quoi. Bien sûr que j’en suis fier. À chaque saison, je le photographie pour le montrer à face de bouc, je l’arpente quotidiennement, toujours ébahi par son charme, rassuré par sa pérennité. Faites-en la visite vous aussi, virtuelle ou physique, vous aussi. Je vous y invite.