mardi 25 avril 2017

Vivre sur Ciel

Vue de notre chambre, tout en haut du village, tout en haut de l'hôtel le plus élevé de la colline.

Admirer et rêver.

« Situé sur un promontoire au profil aigu au-dessus de la vallée du Cérou, l’étonnant village de Cordes a été fondé au début du XIIIe siècle par le comte de Toulouse, Raimond VII. (…) La place forte devint, en sept ans, une des plus puissantes de l’Albigeois. » (1)

Et depuis ce temps, Cordes tient son rang parmi les beaux villages de France. En tout cas, c’est celui où, outre le Castera-Lectourois, je me suis senti le plus chez nous en cette terre tout en ayant l’impression d’être imprégné du Moyen-Âge plus ou moins tardif. Pourquoi? Sans doute à cause de la configuration des lieux avec sa place du marché tout en haut et sa place publique juste à côté. Sans doute pour aussi pour son architecture fort bien conservée et préservée. Peut-être aussi pour avoir eu la plus haute chambre du plus haut hotel qui donnait l’impression de dominer le village. Mais surtout à cause de ses habitants.

Cordes-sur-Ciel, vu d'en bas.

La porte du fort... un vestige.

L'enceinte fortifiée...

La porte de l'horloge. 

 Ben oui, on y passe en auto, pour accéder à notre chambre d'autel.


Ceux que nous avons rencontrés, essentiellement des artisans-commerçants, étaient d’une gentillesse et d’une disponibilité rares, expliquant de long en large les mille et un tours de leurs métiers : caviste, coutelier, pastelliste, bijoutières, restaurateur bio, etc. Faut dire que Cordes-sur-Ciel est un lieu touristique qui accueille aux environs d’un million visiteur chaque année. Heureusement, nous n’étions qu’en tout début de saison, parce que jamais nous n’y serions monté, encore moins pour y passer deux jours!!!

Notre chez nous temporaire.


Des lits jumeaux, un lit double n'entrait pas pas la porte, ci-dessous.


Malgré tout, ces gens nous prenaient pour ce que nous sommes, des humains intéressés à l’autre, et non à des clients potentiels dont on se débarrasse dès qu’on sent s’émousser le désir d’acheter. Le désir d’échanger était aussi authentique que le travail de ces artisans!

Loulou en son village, comme chez elle.

Alex, l'artisan coutelier qui sculpte des objets d'art!!!!

Tout un personnage, le caviste de Cordes.
Féru de littérature et de musique, entre autres, il a des opinions bien arrêtées... sur tous les sujets.

 L'ancienne place du marché. 
Au Moyen-Âge, la partie haute servait de réserve à grains des villageois.

 L'illustre maison du Veneur et ses gargouilles qui date du XIIIe siècle. (ci-dessous)


L'église Saint-Michel. 
Un intérieur flamboyant que nous n'avons pu visiter, l'ouvreur étant absent.


Mémorable moment de notre voyage, ce séjour à Cordes-sur-Ciel a été un des moments forts de ce voyages qui n’en a pourtant pas manqué avec ces visites à Lavardens, Lasseringle, Blaziers, Fleurance, Agen pour ne nommer que ces quelques lieux…

Loulou a tellement l'air de s'y ennuyer!

 Ça et là de magnifiques jardins.


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   1.       Michèle Pradalier-Schlumberger. Cordes-sur-Ciel. Éditions Jean-Paul Gisserot. 2005. 32 p.



lundi 24 avril 2017

Chaumel et Chaumel... en Périgord!


Jean-Paul Chaumel et la maison des Chaumel à Siorac-en-Périgord... depuis 1726


Louise et Nicole devant la grange restaurée et transformée en habitation confortable.

Les histoires de famille, ça vous rattrape toujours! Je suis venu en France parce que, pour moi, ça a toujours correspondu à l’idée que je me faisais du voyage. Parce que, plus que d’autres, je crois y avoir des racines. Depuis longtemps, je rêve de répondre à l’invitation de Bertrand et Janine de les rejoindre, quelques semaines au Castera-Lectourois. Loulou, fille du Nord, aurait choisi la Scandinavie, à coup sûr, si elle avait choisi pour elle. Mais je n’ai pu m’y résoudre.

Je ne le regrette pas. Depuis notre arrivée, c’est l’été et on cherche encore le premier nuage. Villes et villages du Sud-Ouest sont splendides, les gens d’une gentillesse qui ne se dément pas. Je voulais habiter ce pays. J’ai l’impression d’y être un peu chez moi…

Mais, je vous jure, ce n’est que quelques jours après notre arrivée, que j’ai pensé rejoindre le généalogiste des Chaumel qui vit au village fondateur de la lignée, à Siorac-en-Périgord. Il s’appelle Jean-Paul Chaumel et ça fait quelques années que je connais son existence. Peut-être aurait-il des réponses sur mon énigmatique grand-père, le lieutenant Christian Chaumel de l’armée française. Je m’en suis ouvert à ma douce et à nos hôtes qui m’ont fébrilement poussé dans le dos, et le mot est faible!!!


Christian Chaumel, ce héros ténébreux!


L’étrange histoire du lieutenant Chaumel, mon grand-père, électricien de métier, venu au Québec vers 1912. Il n’a pas été long à marier ma grand-mère avant de retourner outre-mer après la naissance de mon père, défendre son  pays d’origine. Il serait revenu quelques fois, semble-t-il, pour des tournées du Québec, visant à susciter la conscription desCanadiens-Français en compagnie de Sir Wilfrid Laurier, rien de moins. Propagandiste, dirait-on aujourd’hui. Puis, il est disparu. Selon la seule et unique cousine de mon père, Monique, il se serait fait montrer la porte par sa femme pour raison d’adultère. Mon père en a souffert toute sa vie sans jamais connaitre la vérité. Il savait son père héros de guerre. De multiples photos le montraient et de démontraient. Photos qu’au grand dam de toute la famille, il a détruites presqu’au grand complet. Je lui en ai toujours voulu.

Cependant, grâce à Jean-Paul Chaumel, nous en savons plus sur sa brillante carrière militaire, celle d'un véritable héros!






Mon grand-père Christian, ma grand-mère Adéla, monpère. Gaston.

L'acte de naissance de Christian.

Peut-être Jean-Paul, tenace généalogiste, pourrait-il m’en dire un peu plus, lui qui tient depuis des années une page Web fascinante sur la famille.

Je lui ai donc écrit et il m’a répondu le jour même par une chaleureuse invitation. Le 21 avril, lors de notre visite à Siorac-en-Périgord, berceau des Chaumel, Loulou et moi avons donc fait la rencontre de la famille de Jean-Paul Chaumel, sa femme Nicole, ses frères Jean-Marie et Paul-Marie. Nous avons été reçu avec une générosité fort émouvante pour nous, Jean-Paul nous racontant en long et en large d’histoire de la famille, nous faisant visiter la maison ancestrale qu’il a rénovée de fond en comble, nous montrant l’acte d’acquisition du premier Chaumel en 1706! Et j’en passe tant et tant.



Acte notarié au nom de Marty ou Martin Chaumel, daté du 15 janvier 1726

Ce passionné et passionnant personnage de Jean-Paul Chaumel nous en a appris pas mal sur la vie militaire de mon grand-père, sur ses faits d’armes, sur les choix de guerre de l’époque, Jean-Paul Chaumel étant lui-même militaire, et officier, de carrière. Comme mon grand-père, le sien a fait la « sale » guerre de ’14 et son père à lui, celle de ‘39. Je n’en raconte pas plus sauf pour dire que ce fut un moment… historique. Quand à l’épisode canadien de « mon » Chaumel, il demeure énigmatique, et c’est sans doute très bien ainsi. Toutefois, il nous aura permis des Chaumel de grande valeur. Ce n’est pas rien.


L'affiche faite par Jean-Paul pour l'exposition du centenaire à la Mairie de Siorac.


Ma Loulou, ma sainte Loulou, qui m'a accompagné (et poussé bien fort, j'avoue) dans cette quête,  je te dois encore tout, toi qui a été attaquée de toutes parts par une grippe tenace et une crise d'urticaire aiguë depuis le début de ce périple. J'imagine que c'est le mal du Nord qui t'atteint... 

samedi 15 avril 2017

Lectoure




Au cœur du Gers, il y a la petite ville, ou gros village, de Lectoure, avec ses trois ou quatre mille habitants, gens d’une gentillesse exemplaire, particulièrement avec les Québécois qu’ils reconnaissent au premier mot. Nous sommes donc loin d’être les premiers!

L’occupation de l’endroit remonte à plus de deux siècles avant notre ère, deviendra gallo-romaine et fort prospère à compter du 3e siècle (elle comptera jusqu’à 10 000 habitants) , sera fortifiée au cœur du Moyen-Âge, deviendra le fief du puissant comte d’Armagnac au milieu du 14e siècle. Pour en savoir un peu plus…

La cathédrale Saint-Gervais.

La cigale et la fourmi, sa tour du 13e siècle
devant laquelle trône l'ami Bertrand!





 Les remparts de Lectoure.

C’est donc une ville on ne peut plus historique pour laquelle les autorités actuelles s’attachent à préserver le patrimoine. Et ma foi, j’y vivrais bien le reste de mes jours sans regrets… du moins, pour l’instant. On y trouve de sympathiques bars-terrasses, dont celui dit des Sportifs où l’on entend des concertos pour hautbois à l’heure de l’apéro. Et il y a ce petit resto-librairie de la rue Nationale, le Cochon bleu,  où l’on peut manger et acheter les toutes dernières nouveautés littéraires autant que des classiques savamment choisis.

Le sympathique Cochon Bleu.

Le rythme de vie, notamment, n’a rien à voir avec celui, effréné, des grands centres urbains. Ici, en apparence, tout semble bel et bon… même si la LePen m’a tout l’air d’avoir ses adeptes comme un peu partout. On est pourtant sur un territoire qui ne donne pas l’impression d’avoir été confronté à quelqu’immigration que ce soit. M’enfin.

À toute heure du jour, la rue principale, la rue Nationale, est fréquentée par les habitants et les petits commerces locaux y abondent : épiceries, pâtisseries, boulangeries, Thermes, cavistes. Là où chez nous, on achète des vins français genre Bouscassé ou des liqueurs genre Armagnac, ici, c’est le produit local. Pour un Québécois, ça fait son effet.

Le vendredi, c’est jour de marché public et la rue principale est fermée de 9 à 11h30. Et là, on y trouve de tout, même les célèbres bérets que Loulou aurait bien voulu me faire essayer. Le vendeur l’a fait cependant, comme vous pouvez le voir…




Le très sympathique vendeur des célèbres bérets de la région.


Bref, on adore Lectoure!



jeudi 13 avril 2017

Arrival



Ce n’est pas pour faire mon intéressant que je propose ce titre; j’ai réellement vu le captivant film de Denis Villeneuve à 40 000 pieds dans les airs en route vers la France. Au Castera lectourois plus précisément, lieu d’enfance de notre ami Bertrand Denux qui y retourne deux fois l’an avec sa Janine, grande amie de ma Loulou, y passer quelques semaines au printemps et à  l’automne. Mais voilà…

Rien ne se passe toujours aussi simplement qu’on le voudrait. Je n’avais jamais traversé l’Atlantique et pour Loulou, ça faisait un peu plus d’une décennie. Alors, on était un peu énervé. Il a d’abord fallu faire retourner le taxi pour récupérer le téléphone oublié de Louise. Pas de problème, nous avions du temps… Le trajet en avion Québec-Montréal s’est passé comme prévu. C’est à Montréal que ça s’est un peu gâché. Enfin quand je dis gâché, ça signifie qu’on est parti une heure trente plus tard que prévu, le pilote du Boeing 787 qui devait nous conduire à Bruxelles a été retardé à Toronto au cours de l’orage. Un autre délai d’une demi-heure pour réparer le système de climatisation, puis nous nous sommes envolés.

 Vous devinez où on est??? 


À Munich, on se déplace en train pour parcourir l'aérogare!

Évidemment, nous avons raté la correspondance Bruxelles-Toulouse, notre destination aérienne finale. Le vol suivant était prévu en fin de journée. Mais comme nous étions deux, euh, de trop, on nous a fait passer, Loulou et moi, par Munich! Sur un autre vol qui nous mettait à Toulouse vers les 18h. De là, on récupérait une auto de location pour parcourir une autre centaine de kilomètres pour enfin arriver au lieu de notre séjour.

 L'avion du Manchester FC, à Bruxelles!

Regardez-bien,il n'y a pas juste des nuages dans cette blancheur. 

Bref, tout ça pour dire que nous sommes partis de Neuville, au Québec, à 13h00 le 10 avril pour arriver au Castera à 20h30, le 11, après avoir pris quatre vols et atterri dans trois pays. L’accueil que nous réservaient Janine et Bertrand nous a tout suite fait oublié la fatigue du voyage. Reste que nous avons drôlement bien dormi… tout de suite après le souper. Le lendemain matin, le paysage si splendidement bucolique du Gers achevait de nous conquérir… Le bonheur est (vraiment) dans le pré!!!

Le Castera lectourois

Vue de la cour de nos amis. Il y a pire, dans la vie....

Vue du Castera Lectourois...

Nos amis habitent un ancien village fortifié dont il reste quelques pans de mur dont les plus anciennes pierres datent du… IXe siècle. L’église date du 13 siècle et en est le principal vestige à la fois historique et touristique. Il aura fallu quelque 40 ans de travaux pour consolider sa base qui menaçait de faire basculer le lourd clocher. J’ai hâte de voir l’intérieur.

La maison fortifiée des Denux... 

L'église du Castera date du XIIIe siècle.






C’est un village gascon des plus tranquille entouré de terres agricoles savamment entretenues et qui offrent le plus bucolique des paysages. Sur 360 degrés. On y est si bien par les 25 à 27 degrés que les deux premières journées nous ont amenées, sans nuages aucun. Ce castera, (château ou place fortifée) n’est pas le seul de la région. On l’a « qualifié » de lectourois à cause de sa proximité avec la petite ville de Lectour, lieu historique habité depuis le 3e siècle avant notre ère, qui est devenu gallo-romain avant de se fortifier au cours du Moyen-Âge. J’en causerai un peu plus au cours des prochains jours.

En attendant, nous profitons de la généreuse hospitalité de nos hôtes, de longues randos le long de petites routes dont personne en Amérique ne pourrait croire qu’elles sont à double sens… Et Loulou et Janine sont allées prendre les eaux à Lectoure.

Bertrand Denux le généreux.

Loulou, Janine s'amusent à cacher Bertrand...